samedi 5 mars 2016

Comment organiser une orgie chez soi

Après Comment organiser un apéro libertin, ce nouveau tutoriel présente ma vision de ce que peut être, de ce que devrait être une orgie moderne. C'est une vision très orientée, portée par mes réflexions sur la liberté sexuelle et l'épanouissement qu'elle peut apporter. D'une certaine façon, je décris dans ces orgies une utopie, un modèle de société apaisée sur ces questions.

Une orgie est une fête où l'on s'enivre de tous les plaisirs, qu'ils soient amicaux, gustatifs ou charnels, une soirée qui peut glisser doucement vers des délices sensuelles. (Oui, délices est féminin au pluriel. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. C'est une jolie coquetterie de notre langue.)

Qu'est-ce qu'une orgie ?


La question est en fait : en quoi une orgie est différente d'une partouze ? (J'aime le mot partouze, même s'il est souvent considéré comme ringard. Vous pouvez le remplacer mentalement par soirée libertine si vous le souhaitez.)  À mon sens, on vient dans une partouze pour baiser, si possible avec d'autres personnes que son partenaire habituel, bref pour « faire l'amour avec un grand tas » comme dit la blague. Au contraire, dans une orgie, le sexe n'est qu'une composante parmi d'autres, nullement obligatoire, et les ébats ne concernent souvent que des couples déjà formés.

Les attentes des invités sont donc différentes. Si le sexe est possible, il n'est pas le principal intérêt contrairement à la liberté d'être soi-même, et de faire des rencontres intéressantes.

Les principes


Aucun contact, aucun acte sexuel n'est autorisé sans le consentement enthousiaste de toutes les personnes concernées.

C'est la règle d'or sur laquelle repose tout le reste. Une orgie accueille des personnes libérées sexuellement sans être nécessairement libertines, qui n'ont pas nécessairement envie de former des trios ou des groupes. Dans une partouze ou un club libertin, il n'est pas déplacé de toucher une épaule ou une jambe pour signaler son intérêt. Dans une orgie, ce serait incorrect, un manque de respect envers les limites des autres. Et quel est l'intérêt de toucher quelqu'un qui n'a pas envie de vous ?

On note que les autres invités présents dans la salle sont aussi concernés, dans une moindre mesure. C'est pour cette raison que l'organisateur fixe l'étendu des actes possibles (cf. les codes ci-dessous).

Toutes les sexualités sont les bienvenues.

La bienveillance est de mise envers tous ce que l'on peut voir, tout ce que l'on peut vous proposer. Un climat de confiance est nécessaire pour s'exprimer librement. 

La liberté sexuelle, c'est aussi la liberté de ne pas sexuer.

On n'est jamais obligé à rien. Inversement, on ne s'offusque pas d'un refus, on n'insiste jamais face à un non. L'insistance est une agression, qui nie à l'autre son droit de refuser ses avances. Et encore une fois, si vous devez convaincre quelqu'un d'avoir un rapport avec vous, comment peut-on imaginer qu'il sera agréable pour vous ou pour lui ? Ni les morts de faims, ni les étoiles de mer ne sont des partenaires très intéressants.

Les codes


Voici donc une série de codes que j'ai inventée pour savoir ce qu'on peut faire ou pas, et sur la procédure à suivre avant de toucher quelqu'un.

Actes autorisés et interdits


Le sexe est une composante universelle des orgies, mais jusqu'à quel point ? Outre un texte explicite dans son invitation, je propose que l'hôte rappelle les limites souhaitées par des objets laissés en évidence sur une table basse :

  • Des préservatifs : le coït est autorisé.
  • Du gel : la sodomie est autorisée.
  • Des cordes : le ligotage (alias bondage ou shibari/kinbaku) est autorisé.
  • Un martinet : le sadomasochiste est autorisé.
  • Vous pouvez facilement inventer d'autres codes, comme des gants en latex pour l'empoignage (ou fisting).

S'il n'y a rien sur la table, ne sont autorisées que les caresses (y compris orales). En poussant le concept un peu plus loin, j'ai déjà organisé des orgies "textiles", où les caresses étaient autorisées, mais sans retirer ses vêtements.

Codes du consentement


Une orgie moderne met l'accent sur le consentement. Le plus simple est de poser la question explicitement, mais on peut aussi passer par d'autres moyens. On évitera toutefois les sous-entendus, puisqu'ils peuvent être mal interprétés et mener à des actes non-souhaités. Parler à quelqu'un, lui sourire et le regarder dans les yeux n'implique pas qu'on accepte des contacts sexuels de sa part. Juste qu'on le trouve sympathique.

La question des codes revient souvent chez les débutants. Hélas, elle n'avait pas de réponse jusqu'ici. Alors, inventons-la. Je compte sur mes lecteurs pour en répandre l'usage, y compris en dehors des orgies.

  • Un clin d'œil signifie : tu me plais, viens me voir qu'on fasse connaissance.
  • Tirer la langue signifie : tu peux m'embrasser si tu veux.
  • Toucher son oreille en regardant quelqu'un signifie : j'ai envie de toi, tu peux me toucher. (Autrement dit : j'ai la puce à l'oreille dans son sens ancien.)
Ces gestes permettent d'exprimer explicitement ce qui n'est qu'implicite habituellement. Mais l'intention passe aussi par le regard et le langage corporel qui les accompagnent. Inversement, un geste fait sans intention, sans enthousiasme, perd sa valeur. (Toutefois, ii vous avez envie de vous gratter l'oreille pendant une orgie, mieux vaut regarder par terre ou fermer les yeux !)


Tout cela concerne des personnes encore habillées. Comment rejoindre un couple ou un groupe en plein ébat ?

Il vous faut vous assurer que vous avez l'accord des deux. Cherchez le regard de l'un d'eux. S'il croise votre regard et le soutien plus de cinq secondes, il a compris votre demande. Laissez-le interroger son partenaire (ou ses partenaires). S'ils sont tous d'accord, ils vous feront signe de les rejoindre.

Sans accord de la part d'un couple ou d'un groupe en train de sexer, non seulement on ne les rejoint pas, mais on évitera également de les approcher pour ne pas les gêner. En règle générale, si vous êtes assez près pour les toucher en tendant le bras, vous êtes trop près. Évidemment, s'ils commencent leurs galipettes à côté de vous, vous n'avez pas à vous déplacer (à moins que vous ne soyez gêné). Mais ce n'est pas non plus un signe implicite que vous avez le droit de les toucher.

Et du point de vue pratique ?


Annoncer la soirée. Les mêmes conseils que ceux déjà donnés pour les apéros libertins s'appliquent. Vous pouvez me contacter pour annoncer vos soirées sur mon blog. Les sites libertins sont aussi un moyen particulièrement adapté de communiquer sur vos soirées privées.

Filtrer les invités. La question de la parité se pose encore plus que pour un apéro.

Prévoir un buffet. S'asseoir à table rend les discussions moins fluides et gène les prises de contacts. On préférera donc rester debout, ou  manger assis sur un divan ou un fauteuil.

Prévoir le matériel. Si vous ouvrez la possibilité de sexer dans votre soirée, pensez que certains invités souhaiteront se doucher avant ou après leurs ébats. De même, il faut une corbeille, une poubelle et des mouchoirs à côté des lits.

Participation aux frais : oui, bénéfices : non. Vous invitez des amis, pas des clients. Même si vous ne les connaissez pas encore !

Une invitation


J'organise une soirée privée le jeudi 17 mars,dans l'esprit décrit au long de ce billet. J'ai choisi cette date en hommage aux antiques bacchanales, pendant lesquelles on fêtait Liber, dieu de la liberté et des excès.

Elle a lieu chez moi, en Normandie, au sud de Rouen. Sexe,sensualité et SM seront autorisés. Hommes, femmes et couples sont acceptés.

Vous êtes les bienvenus !



5 commentaires:

  1. - Tirer la langue : baiser autorisé ?
    - Se toucher l'oreille? Autorise une caresse, Ah bon? :) :).
    Mais ils sont mignons tous ces codes que je ne connaissais pas.
    J'apprends quelque chose de tout nouveau ce soir.
    Merci :)

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    1. Ce sont des codes que j'invente pour l'occasion. :)

      L'article n'est pas fini, je l'ai publié par erreur hier. Oups.

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  2. Je m'accorde avec la plupart des principes énoncés ici – qui prévalaient d'ailleurs à la petite « orgie kink » (selon les termes d'une participante) bientôt relatée sur mon burp – à l'exception de celui pour les « ingrédients » qui codifieraient les pratiques autorisées ou pas. Par exemple, le gel peut être utilisé pour la pénétration vaginale.
    Le gel signifierait-il « je veux être enculé-e » ou « je veux t'enculer » ?
    Bref. Pour les pratiques, c'est comme pour le consentement... Cela passe par une communication verbale ou non verbale ! Dès lors que les personnes sont respectueuses, la suite coulera d'elle même.

    PS : Désolé pour le 17, j'ai un concert :)

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    1. En fait, on m'a mis un conseil de classe le 17, donc j'ai du annuler et remettre à plus tard.

      Pour le gel, il reste un symbole de la sodomie, à mes yeux. Ça n'empêche pas d'en avoir dans la poche ou à disposition (mais ailleurs que sur la table basse) pour d'autres usages : massages, pénétration vaginale, etc.

      Si tu as une idée d'objet non-équivoque pour la sodomie, je suis preneur. :)

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  3. Éventuellement du gel "backdoor" pourrait être plus explicite. Mais j'ai une meilleure idée. Tu distribues à l'entrée des rosebuds.
    Diamant vert = j'ai envie d'une douce sodomie
    Diamant rouge = j'ai envie de me faire défoncer le cul.
    C'est clair, c'est mixte, c'est parfait !

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