mardi 27 mars 2012

Filmographie libertine

Si l'on a eu en 2010 un film parlant ouvertement d'échangisme (Happy Few), 2011 nous a apporté encore mieux : des films où le libertinage est présent, sans être le sujet et sans être mis en exergue.

Ainsi, le début de L'Exercice de l'État montre une esquisse de scène de partouze dans un ministère, une femme embrassant son voisin de gauche, puis celui de droite, avant qu'ils ne soient interrompus par un coup de fil. C'est tout ce que l'on voit, et il n'y est plus fait allusion dans le reste du film.

Dans L'amour dure trois ans, un couple d'amis du personnage principal est libertin. Mais on ne l'apprend qu'en cours de film, en passant, comme si c'était un détail. (Et ça l'est !) On en reparle un peu plus tard, au cours d'un mariage, mais uniquement parce que c'est utile dans l'histoire.

Que des films abordent le sujet du libertinage (et d'autres formes exotiques de sexualité), c'est très bien. Mais qu'ils se permettent de montrer le libertinage comme on montrerait n'importe quelle autre facette de la vie est, à mon sens, un grand pas en avant.

14 commentaires:

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    1. Cf. mon libellé !

      Je dirais qu'un sujet cesse d'être sensible non pas quand on peut parler en parler, mais plutôt quand on n'a plus besoin d'en parler. J'ai été frappé par une remarque similaire à propos du racisme dans la critique d'un film français. Le critique saluait le fait qu'un personne blanc ait une femme noire, sans que cela joue le moindre rôle dans le film. Elle était juste noire comme elle aurait pu être blonde, gauchère ou fan du PSG.

      Le libertinage est sorti de l'anonymat. Maintenant, il y retourne, mais parce qu'il n'est pas intéressant, pas parce qu'il se cache. C'est un pas dans cette direction que je salue.

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  2. Peut-être un pas en avant vers le fait que le libertinage, et les sexualités « exotiques », ne soient pas « montrées du doigt » comme quelque chose d'anormal. Juste une affaire d'ordre privé.
    Ou même, pourquoi pas, un pas vers la reconnaissance que la norme imposée du couple éternel-monogame-hétérosexuel-exclusif n'est pas le Graal mais juste une possibilité parmi d'autres ?
    Il y a du chemin (et donc de nombreux pas) avant que les choix amouro-sexuel de chacun ne soit plus critiqués, rejetés ou pire.
    Ceci dit, joyeux non-anniversaire Monsieur Chapeau.

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    1. Tout à fait.

      L'importance que la société a imposé à l'exclusivité a énormément varié au fil des époques. Peut-être allons nous vers un nouveau changement, même si je crains que l'inertie soit encore bien trop forte.

      Cela dit, merci !

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  3. Pour cela les séries anglaises sont pas mal.
    D'une manière générale les personnes croisées par les héros sont vraiment "monsieur et madame tout le monde" (avec la diversité londonienne).
    Ainsi dans série SF que je suis (ou rattrape plutôt), au cours des 6 saisons j'ai remarqué 3/4 allusions à des couples homosexuels, du genre "le mari de mon frère...." juste comme ça, en passant, sans que ce soit important. Je trouve ça également très positif.

    Cela dit, si nous avons 1 an d'écart au classement général (ce qui est peu, je vous l'accorde), il n'y a que quelques jours au classmeent mensuel :)

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    1. Par exemple, dans /Dr Who/, le capitaine Jack Harkness est ouvertement pansexuel, draguant indifféremment femmes, hommes et extraterrestres ! J'adore ce perso. :)

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    2. :) c'est exactement de cette série dont je parlais. Outre cap'tain Jack qui est trés visible, il y a quelques autres allusions qui passent comme des lettres à la poste. je n'ai pas vu le spin-off "Torchwood" sur Jack, je ne sais pas comment c'est traité dans cette série.

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  4. Ma question était rhétorique. Je vois bien vers quoi ce « pas » se fait, mais je n'ai pas l'impression que le libertinage soit vraiment une cause à défendre, même si en ces temps troublés par l'affaire DSK, le grand public peut en avoir une image assez déplorable. Mais, de facto, pas imméritée, parce que je ne crois pas que les actes de DSK soient isolés (juste amplifiés par le pouvoir et l'argent dont il dispose). Alors que la cause homosexuelle, ma foi, elle mérite encore quelques combats.

    Par ailleurs, de quel libertinage parles-tu ? Il y a tellement de façon de le vivre... Trouveras-tu les films qui en parlent trop réducteurs ? Te plaindras-tu que dans un film, le méchant soit libertin comme on s'est plaint parfois que le vilain soit incarné par un noir ?

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    1. S'il est méchant parce qu'il est libertin, alors oui, il y a un problème. S'il est juste méchant et libertin, non. :)

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  5. Je suis d'accord, mais je me demande si un jour on ne remarquera même plus que le couple, là, qui parle, est en fait un couple à trois... Moi, cela me soulagerait de ne plus y penser... Comme cela me soulage souvent d'embrasser une femme en me disant que cela ne change rien à un homme, sauf que c'est une autre personne. Bon, je dis cela... Mais...

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    1. J'ai peut-être compris de travers, Belit, mais embrasser un homme ou une femme, ce n'est pas du tout pareil.
      Un homme, ça pique !

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  6. Parfaitement d'accord avec toi! La dédramatisation de toutes les formes de libertés sexuelles librement consenties est plutôt agréable à constater.
    Un bémol tout de même. Dans le cinéma, tout va bien. Mais un trio social, genre : je me promène dans la rue avec deux complices, j'en embrasse l'un, puis l'autre, comme ça, gentiment, sans attouchements sexuels. Tu vois la scène? Et bien je crois que ça nous poserait des problèmes, tout comme les bisous publics en posent aux gays - en dehors du Marais.
    Dédramatisation partielle, certes, mais pas pour autant d'alternative admise à l'hétéronormativité monogame.

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    1. " genre : je me promène dans la rue avec deux complices, j'en embrasse l'un, puis l'autre, comme ça, gentiment, sans attouchements sexuels"

      Ah bon, faut pas ?
      Arf mince, ça doit être mon coté provoc alors :)

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    2. J'ai déjà fait ça dans le métro, sans réaction visible. Mais peut-être avons-nous été trop discret.

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