lundi 5 septembre 2011

Agnès Giard assassine les clubs échangistes

Je ne lis plus le blog d'Agnes Giard depuis longtemps. Le lien suivi depuis Sexactu me rappelle pourquoi. Dans l'un de ses derniers billets, Mme Giard s'en prend violemment aux clubs échangistes.

Sachant d'expérience que Mme Giard censure (pardon, modère ...) ses commentaires, je n'ai pas vu l'intérêt de lui répondre sur place. Mais que son avis se propage sans contradiction m'embête tout de même. Je ne suis pas le premier à réagir, M. Noir l'ayant déjà fait brillamment.

J'en rajoute une couche. Mon problème avec ce billet n'est pas le fond, mais son parti-pris et son manque de nuance. Ce n'est pas une réflexion neutre sur le sujet, c'est une plaidoirie à charge.

"Les clubs sont des maisons de passe déguisées", (...) "des PMU du coït vite-fait où des légions d’hommes seuls et frustrés viennent décharger leurs doses d’insatisfactions". (...) "En résumé : tenue de pute pour les femmes, complet noir style mafioso pour les hommes."

Certes, il faudrait se voiler la face pour ne pas voir la part de vérité dans les propos de Mme Giard. Oui, les hommes seuls paient trop cher et cela fausse l'équilibre des sexes dans les soirées mixtes. Oui, on impose aux femmes un code vestimentaire plus strict qu'aux hommes. Oui, elles sont parfois là pour de mauvaises raisons.

Toutefois, il faudrait tout autant se voiler la face pour ne pas voir que cette vérité n'est qu'un aspect d'une réalité plus complexe, et heureusement parfois plus positive. Oui, il existe des endroits où les hommes seuls ne sont pas exploités (soit qu'ils paient un tarif plus raisonnable, soit qu'ils ne soient tout simplement pas acceptés). Oui, beaucoup de femmes aiment les clubs échangistes précisément parce qu'elles peuvent y mettre des tenues qui seraient indécentes ailleurs. Et d'ailleurs, l'absence totale de vêtement dans les saunas naturistes ne change pas fondamentalement la donne. Oui, et je me doute que c'est là le point que Mmes Giard et Mazaurette ont du mal à avaler, il y a des femmes qui aiment libertiner, et qui vont en club par choix, voire sans un homme pour les pousser de force à l'intérieur.

Les remarques sur la bisexualité sont tout simplement fausses à force d'exagération et de généralisation. Elle est très répandue chez les femmes, mais n'a rien d'obligatoire. Environ la moitié des libertines de mon entourage ne sont absolument pas bi, et les portes des clubs ne leur sont pas fermées. Inversement, si la bisexualité masculine se cache, elle n'est pas interdite, ni inconnue. Là encore, quasiment une moitié des libertins que je connais sont bisexuels à des degrés divers.

C'est donc bien un assassinat. Mais à qui profite le crime ? On dit qu'avant de tuer son chien, on l'accuse de la rage...

19 commentaires:

  1. Moi c'est le contraire, je lis Agnès Giard et j'ai laissé tomber Sexactu (que je ne lis qu'à l'occasion d'un lien ou d'un conseil).
    Évidemment, je ne prends pas ses écrits pour parole d'évangile, et j'ai mis un commentaire sur son blog qui n'a pas été censuré (il me semble qu'elle n'a pas la main lourde sur la censure, tous mes commentaires sont toujours passés, et j'en vois souvent des gratinés !) et qui ne fait que renforcer de nombreux autres commentaires dénonçant le caractère très obtus de son billet.
    D'ailleurs, on ne peut pas dire que ce qu'elle dit est faux. C'est juste une présentation très partiale de ceux que peuvent être les clubs.

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  2. Effectivement, venant d'elle, par rapport à d'habitude, cet article m'a surpris.
    Bien sur je ne vois que le coms qui passent, mais il me semble qu'elle laisse s'exprimer toutes les opinions.

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  3. J'ai été censuré il y a longtemps, précisément sur un message parlant de censure. En plus, elle m'a agressé par mail au passage, ce que j'ai fort mal pris. Comme je suis susceptible, j'ai arrêté de libre son blog, qui était pourtant assez intéressant.

    Cui : je suis d'accord avec ta conclusion, d'ailleurs je dis plus ou moins la même chose.

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  4. Je pense que otre vision est un peu déformée par l'ouverture (d'esprit, entre autres) de notre groupe de baisounours, respectueux du désir de chacun(e)...
    mais elle n'a pas tort sur le dress code - même si je suis d'accord avec toi sur le plaisir de pouvoir mettre des tenues indécentes à cette occasion - et sur l'attitude générale en club des morts de faim, trop souvent trop nombreux...
    c'est pour cela que je ne sors jamais que bien accompagnée :)

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  5. j'ai découvert ton article dans la journée(Puis celui de maia et de monsieur noir dont les sites sont bloqués à mon bureau). je commente ici en espérant qu'eux aussi te lisent.

    Avec Pa, nous avons des règles plutôt strictes. Mais cela ne nous évite pas de tomber dans les travers évoqués par Agnès Giard.

    Au moon city, le prix d'entrée est prohibitif pour les hommes. Et lors des soirées couple, je mets ma main a couper qu'a chaque fois, j'y ai vu des hommes accompagnés de prostitués (voire de connaissances) - la dernière fois, deux d'entre eux se sont fait mettre à la porte au moment ou nous quittions le lieu.

    Concernant le dress code, c'est en partie pour cela que nous fréquentons que tres peu les clubs secs. Si j'ai droit au spectacle de robes mal taillées, mal ajustées et inadaptées au morphologie; ma belle peut apprécier les chemises froissées, les chaussettes blanches et les cheveux gras.

    La seule fois, en soirée mixte, au moon city, que madame a joué avec mon anus, les 3-4 voyeurs qui regardaient la fellation se sont vite évanouis dans la nature.

    L'homosexualité féminine est, il est vrai, omniprésente dans les clubs libertins. De là, a représenter le passage obligé pour que les hommes puissent coquiner hors couples, je ne pourrais l'affirmer ni en faire une généralité surtout que nous nous arrêtons, pour notre part, aux caresses entre femmes.

    Enfin, la musique, et son volume, c'est une des autres raisons qui nous fait éviter les clubs secs (et les cinémas traditionnels par la meme occasion). Impossible de discuter, impossible de se relaxer...

    Tout comme libertin_ine, je pense que le groupe de bisounours, polis, respectueux,... que nous sommes ne représentent pas forcement la majorité des libertins.
    Combien y a t il de clubs libertins sur paris et combien trouve grace a nos yeux?
    Que trouve t on dans les autres? Ne serait ce pas un peu tout ce qu'Agnès Giard décrit?

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  6. Vos commentaires à tous m'inquiètent. Suis-je le seul à lire dans mon billet la phrase : "Certes, il faudrait se voiler la face pour ne pas voir la part de vérité dans les propos de Mme Giard." et le paragraphe qui suit ?

    Ne vous inquiétez pas, je ne fais pas d'angélisme sur les clubs libertins. :)

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  7. Je n'apprécie pas particulièrement les clubs libertins, mais il s'agit d'un point de vue personnel et je respecte votre analyse. Quoi qu'il en soit, votre article est excellemment écrit, et oui, je confirme, les femmes seules aiment aussi aller dans des soirées dédiées au sexe parce que ça a un côté pratique quand on veut jouer sans s'engager :-)

    Madame Giard s'est peut être pris une gamelle lors de sa dernière immersion, voire a été priée de régler son entrée comme tout le monde, qui sait ? Parfois de sombres motifs déclenchent la vindicte...

    Elisabethe

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  8. Peut-être, Elisabethe. Ou alors elle a engagé un nègre moins bon que les précédents ? Arf. Plus sérieusement, je suis étonné par exemple, qu'elle compare en mal les libertines à des prostitues, alors qu'elle défend ses dernières par ailleurs. Ca me parait paradoxal et pas très "sex-positive".

    Bienvenue ici, sinon. :)

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  9. après avoir lu l'article d'Agnes Giard et une partie des commentaires le concernant, je ne suis pas sûre qu'il y ait de censure, les avis le concernant étant vraiment partagés.

    pour ce qui est du contenu, il faut avouer que son avis est assez tranché sur la question, mais je pense qu'il ne faut pas généraliser.
    je suis d'accord avec vous M.Chapeau sur le fait qu'il y ait une part de vérité dans ses propos mais heureusement ce n'est pas le cas partout, il existe des clubs ou la femme est respectée et certainement pas considérée comme un objet ou une prostituée ou la bisexualité n'est ni une obligation ni un tabou, chacun est libre de sa recherche, de ses désirs et de ses envies, et ou les soirées se passent dans une ambiance festives et érotique, sans vulgarité.

    merci pour cet article, très bien écrit, et bonne continuation pour votre blog.

    Libertine

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  10. J'aime beaucoup les articles d' Agnès Giard en général, car leur contenu et écriture sont bien au-dessus de la moyenne journalistique habituelle. Ce que j'aime aussi chez elle, c'est d'écrire en dehors des clichés. Je n'ai pas encore lu ses billets sur les clubs, mais ce que vous citez me surprend car sur ce point, elle serait au contraire entièrement dans le cliché. Je vais lire ses articles et si je ne suis pas d'accord avec votre analyse je reviendrai vous l'écrire :- )

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  11. après lecture, je n'ai pas été choquée par ses articles sur les clubs. elle dissèque (comme souvent) d'un point de vue sociologique et il ne faut pas prendre ce qu'elle dit littéralement: quand elle parle de tenues de pute, ce n'est pas une critique des porte-jarretelles et jupes courtes (faut lire ses autres écrits pour le savoir, elle sait très bien quels sont les fantasmes de beaucoup de femmes), c'est une critique du stéréotype obligatoire imposé par les clubs pour servir une clientèle masculine, c'est vrai qu'on n'est pas loin de la maison close même si je n'ai pas fait le rapprochement en allant en club. Elle caricature, j'imagine parce qu'elle est irritée par le bourgeois qui se croit tolérant parce qu'il a une sexualité libérée mais qui au bout du compte reste très conformiste (je schématise). quant à l'homme seul, c'est vrai qu'il n'inspire pas confiance et donne souvent l'image du loser...je confirme, les couples qui n'en sont pas, la femme n'osant pas aller seul et l'homme profitant de la situation (et du prix) sont légion.
    personnellement, je trouve que le club échangiste classique est un moyen simple et efficace d'assouvir un penchant pour le voyeurisme et de se retrouver dans un film porno. Agnès Giard aurait pu voir les clubs sous cet angle, elle a choisi de donner la parole à ceux qui les fréquentent pour faire contrepoids à son article et c'était une bonne idée.

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  12. Je suis quelqu'un de très littéral. Ce n'est pas à moi d'ajouter des précautions oratoires là ou l'auteur n'en met pas lui-même, ou d'injecter de l'intelligence et du recul là où il n'y en a pas. Du coup, à mes yeux, le billet parait très agressif et méprisant pour tous les gens qui fréquentent ou tiennent ces clubs.

    Il aurait suffit d'un peu de nuance pour que j'abonde dans son sens et qu'elle obtienne le "coup de pied dans la fourmilière" dont certains lui prêtent l'intention. En l'état, c'est juste un brûlot pas très intéressant...

    .. à mon avis ! :)

    ("Ses articles" ? Elle en a écrit d'autres ?)

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  13. je parlais des articles de son blog en général. sinon elle a écrit de beaux livres sur l'univers érotique au Japon.

    je comprend tout à fait votre point de vue, je ne saurais dire pourquoi, je ne me suis pas sentie atteinte, bien qu'ayant fréquenté ce genre de lieux.

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  14. Miss Giard a publié des suites à ce premier article : des témoignages de pratiquants.
    Elle a trouvé des personnes corroborant ses propos " les clubs c'est glauques, on s'y fait violer pas des vieux, ( avec une légère nuance " les clubs j'y emmène me femme pour qu'elle pioche un mâle qui lui plait dans la meute à sa disposition " qui ne dénigre pas directement les clubs ) ".
    Bravo miss Giard !

    ( ps : notez les clubs cités dans les témoignages, l'un dont on parle peu, son heure de gloire est passée, et l'autre fermé depuis qql années, les nouvelles sont fraiches ^^ )

    Censure des témoignages " en choisissant bien son club on peut passer une superbe soirée ", ou incapacité à en trouver par boycotte généralisé des journaleux par les libertins qui savent s'épanouir en club ?

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  15. Les témoignages, c'est comme les chiffes, on peut leur faire dire n'importe quoi. Je vais donc m'éviter la peine d'aller les lire ! Merci, Missdactari.

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  16. Effectivement je m'interroge egalement sur l'objectif de cet article, surtout dans un blog qui a pour but de donner un eclairage factuel soit sur les pratiques BDSM, soit sur la sexualité japonaise.

    D'ailleurs un comparatif avec les clubs libertins japonais aurait été intéressant :
    - entrée avec carte de membre payante obligatoire (généralement les sites precisent uniquement de 21 à 60 ans)
    - hommes seuls interdits sauf quelques rares clubs
    - contact physique interdit sans invitation explicite orale de l'autre personne sous peine d'exclusion du club ...

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  17. L'article sur les clubs est clairement « à charge ».
    Les témoignages qui suivent peuvent contrebalancer effectivement, mais il y a une grande différence : le premier texte est l'expression de l'opinion d'A.G. (elle juge, clairement), les seconds des témoignages bruts livrés tels quels, sans commentaire (histoire de se tenir à distance).

    @ La Parisienne » Pour lire régulièrement A.G. et avoir l'habitude de ses prises de positions assez tranchées (avec le message latent « voilà comment il faut bien penser »), je n'en fus pas moins surpris par la violence de la charge de son article sur les clubs.

    @ M.Chapeau » Je serais curieux de connaître la teneur de ton commentaire censuré.

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  18. C'était à propos d'un billet sur un artiste victime de la censure. Je faisais remarquer qu'il était troublant que le texte soit suivi de la mention "Les commentaires sont modérés." ...

    Elle l'a mal pris, et m'a expliqué pourquoi par mail, sans du tout saisir l'humour ou l'incongruité de la chose.

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  19. Excusez moi, je n'ai fait que parcourir les coms... donc c'est un peu hors sujet. je lis désormais Agnès Giard de loin en loin, très déçue par un article sur le shibari assez bidon, historiquement faux et manifestement biaisé notamment au regard de l'assimilation modèle-prostituée.
    Ce qui est fort surprenant quand on connait ses livres sur l'érotisme japonais.
    J'ai été mise assez mal à l'aise par d'autres articles ensuite, très moralisateurs, caricaturaux, intolérants et celui-ci semble être de cette veine.

    Je ne juge personne mais cela me laisse perplexe. Surtout venant d'un auteur que j'ai beaucoup apprécié et qui me semblait avoir un discours novateur, une vision libre.
    (ps : avant de poster je suis allée voir l'article de M. Noir, qui conclut comme moi sur l'intolérance et la tendance moraliste. intéressant)

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